Préface d’une crise.

Deux hommes en gants présentent le célèbre tableau 'Le Cri' d'Edvard Munch, avec des couleurs vives et un ciel orangé en arrière-plan.

Quand j’étais petite, j’écoutais « Né en 17 à Leidenstadt » de Frederick Goldman Jones en boucle.
Je fantasmais le passé de Républicain espagnol de mon grand-père adoré.
Je dévorais les livres d’histoire en me demandant comment c’était possible de se laisser piéger par une guerre.
Qu’ élire un dictateur, en tout bon pléonasme, était une bonne blague.
Comment pouvait-on devenir aveugle aux incivilités au quotidien,
Devenir sourd aux appels à la haine qui se multiplient.
Normaliser l’inhumanité au nom d’une justice prostituée par la vengeance ou l’intérêt personnel,
Rester indifférent, fermer les yeux, se voiler la face, se taire, laisser faire en espérant que.

Peut-être que l’erreur est d’apprendre l’histoire au passé.
Car depuis quelques mois, une angoisse lancinante ne me quitte plus.
Comme une teigne au creux de l’estomac.
Elle est immobile et pourtant, elle grossit.
Je sens des temps obscurs approcher.

Ce journal est un livre d’histoire que j’écris au présent.
Un livre d’histoire vivante.
Le témoignage d’une crise à travers le récit de simples faits observés tous les jours.


Journal d'une crise

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