J50 : Run baby run.

Aujourd’hui c’était un grand jour pour moi.
La pratique sportive à l’extérieur a été de nouveau autorisée, ils ont instauré des franges horaires pour éviter l’aglutinement : 6h – 10h / 20h – 23h.

Celles et ceux qui me connaissent savent que cela a été difficile pour moi de rester sans faire de sport pendant 1 mois et demi.

Ce matin, à 6h28 mes pieds battaient le pavé.
L’air que je respirais avait comme un parfum de liberté. A chaque foulée, c’était un peu de l’énergie accumulée de 2 mois qui se libérait.
Hier je n’ai pas pu dormir. J’étais comme une gamine la veille de Noël.

J’ai rarement couru en ville avec un air aussi pur que cela et une lumière si claire. C’est assez ironique de penser que maintenant que cela arrive, nous soyons obligés de nous porter des masques.

Il y avait beaucoup de monde, même à cette heure de la journée. A défaut de pouvoir me baigner dans la mer, on peut dire que j’ai fait un grand bain d’anticorps.

En arrivant au port, un autre coureur m’a devancé. En voyant la mer et les bateaux, il a commencé à bondir. C’était l’expression « faire des sauts de joie » personnifiée.

Il y en avait pas mal qui courraient avec un masque et ils n’avaient pas l’air de s’étouffer.

J’ai croisé les semi-pros qui avaient ressorti leur tenue. Vous savez la casquette ou le buff, les chaussures rouges, bleues, de couleur flash de préférence, la Garmin, les lunettes de soleil – même à 6h – le petit short, le maillot trempé – on est tous d’accord qu’ils le mouillent eux-mêmes avant de partir.
Ce matin ils m’ont fait plaisir. On était à égalité, ils en chiaient tout autant que moi.

Je me suis faite dépasser par 2 mecs en vélo la clope au bec. Euh…Tu fumes pour les effets bénéfiques de la nicotine ou tu t’incrustes seulement au bal des sportifs ?
N’empêche, c’est un bon test : je peux vous dire qu’entre la cigarette, la transpi et les déos, l’iode, les floraisons du printemps, ça stimule l’odorat.

A mi-chemin, je me suis aperçue que je ne m’étais pas épilée. ça laisse des traces 2 mois de confinement.
Et pour m’achever, j’ai levé la tête, il n’y avait que des Barbies en legging push-up et des Kens torse nu. Ils avaient l’air heureux. 2 mois à travailler leurs abdos et leurs fessiers et aujourd’hui ils avaient enfin un public.

J’ai couru, couru, couru.
Au bout de 2 heures, j’ai commencé à sentir des crampes titiller mes muscles. 10 mn après c’était mon genou.
J’ai fini sur les pentes de la colline au-dessus de chez moi en marchant.
J’avais hâte de bouger et de me sentir en vie, j’avais oublié que ça fait parfois mal de se sentir vivante.

20km et 2h30 de nouvelle liberté retrouvée, ça vaut bien quelques souffrances.

Journal de confinement

Laisser un commentaire