J44 : Les dimanches de quarantaine.

Les dimanches ne sont pas les mêmes durant le confinement.
Je ne sais pas vous, mais je les apprécie plus. Il n’y a pas cette petite boule au ventre de la reprise du lundi et ce qui va avec : finir le programme de la semaine, reprendre le rythme, tenir encore une fois l’agenda, être à 5 endroits à la fois.
La semaine comme le dimanche je suis à la maison. Mais ce jour-là je relâche, sans me préparer à attaquer la nouvelle semaine. Ce sont de vrais dimanches, plein de lenteur, de langueur et d’ennui.
Ce dimanche-ci, les enfants avaient le droit pour la première fois depuis le 14 mars de sortir 1 h accompagnés d’un adulte.
Dans les rues aujourd’hui, il y avait des enfants et des chiens.
Je me suis dit que ça tombait vraiment mal que je ne veuille ni l’un ni l’autre pour l’instant. Ca m’aurait bien servi.
Je m’attendais donc à ce que la ville se transforme en une grande kermesse géante.
Cela n’a pas été le cas.
J’ai vu des enfants inquiets. Tout près de leurs parents, ils restaient silencieux ou murmuraient des bribes de phrases, la démarche maladroite et le regard intimidé.
Je les comprends. Avant le confinement, ils s’ouvraient à la vie. Chaque jour était une découverte; leurs sens se décuplaient. Et puis d’un jour à l’autre le monde s’est brutalement refermé, ils ont été enfermés. Un danger court dehors, ils ne peuvent pas le voir, ni l’entendre. Ils l’écoutent dans les conversations des grands, la télé, les copains. Il parait même qu’ils le porteraient en eux sans le savoir.
Perrault n’aurait pas inventé meilleur conte.
C’est sûr, l’école ne sera pas comme avant. Les enfants non plus.
Journal de confinement confinement coronavirus covid enfant journal quarantaine temoignage