J7: L’implosion.

C’est exactement ce que nous sommes en train de vivre et c’est ce que j’ai vécu aujourd’hui.
L’extérieur est si calme. Pas de bruit, personne dans les rues, un air pur, la nature prête à s’ouvrir au Printemps. Cependant à l’intérieur, tout bouillonne.
Les familles sont au bord de l’étripement, les célibataires se morfondent, les entreprises fondent, les sociétés sont en arrêt. C’est comme si l’Univers se marrait. Je ne sais pas si Dieu(x) existe(nt), mais si c’est le cas bien joué.
C’était une journée dense, aussi difficile que riche.
J’ai dû mettre en place le chômage partiel de mon équipe. Cela inclut l’argumentation avec la direction et plus haut les actionnaires, la gestion de l’annonce à l’équipe, ses implications sur leur quotidien, la responsabilité, la pérennité de l’entreprise, bref une palette de problématiques qui m’a rendu en un jour une pro du yoga entrepreneurial.
J’aime le yoga, il y a quelques poses qui font mal.
Qui me connait sait que je suis du genre guerrière. Je suis plutôt courageuse, forte, j’aime l’aventure, l’inconnu et les défis. On va dire que dans une situation de crise, je suis comme un poisson dans l’eau. Plutôt hippocampe que requin à vrai dire, mais bon au moins je suis dans mon élément.
Depuis le fin fond de mon appartement à gérer cette crise, j’ai pourtant appris à m’attendrir, à faire confiance, à écouter.
Aujourd’hui enfermée, je me suis ouverte.
Dans ces cas-là, on a une seule option : comprendre l’autre et faire un pas vers lui pour ne pas être isolé pour de vrai.
En fumant une cigarette sur mon balcon ce soir, je me suis étonnée du calme et de la tranquillité des alentours. Je me suis dit que définitivement, la crise qui nous vivons n’est pas (encore) visible. Elle se vit en profondeur, dans les tréfonds des sociétés et des personnes.
Journal de confinement blog coronavirus covid crise journal quarantaine témoignage