J6 : Refaire les plans.

Je commence à élaborer des jeux de stratégie inédits.

Je m’en suis rendue compte quand j’ai commencé à calculer le jour où j’irai descendre la poubelle. Et ô bonheur ! Je savais bien que faire le tri sélectif serait récompensé un jour : 4 poubelles, 4 sorties autorisées. Elle est pas belle la vie !

Je regarde l’extérieur avec convoitise. C’est pourtant le même extérieur qu’il y a un mois. Mêmes balcons, mêmes terrasses, mêmes rues. L’espace se redéfinit pourtant, on prend conscience de ses limites : le mur prend toute la signification d’un mur, idem pour la balustrade ou le portail.
Cela donne affreusement envie de pousser les murs.

Je suis donc restée toute la journée avec les fenêtres grandes ouvertes pour faire rentrer de l’espace. Les courants d’air faisaient valser les légers rideaux blancs, les rayons de soleil se cognaient et s’entrechoquaient dans mon salon, l’air frais emplissait les pièces. Cet après-midi, j’ai invité l’extérieur à la maison

J’ai l’impression que le monde est en train de se réapproprier sa maison. On l’aménage d’une façon nouvelle et cocasse à l’occasion.


Aujourd’hui j’ai assisté à une jolie scène, j’ai encore le sourire en y repensant.
J’étais en train de bosser sur mon ordinateur et j’ai entendu de grands éclats de rire. Ils ont débarqué par la fenêtre, ont traversé la pièce, puis ils sont montés, ils ont tourbillonné et d’autres se sont invités à la fête. Je me suis approchée de ma fenêtre pour voir d’où ils venaient.

Sur les balcons en face, au milieu des pensées et des géraniums, deux mamies voisines étaient assises de profil, l’une en face de l’autre, sur des petites chaises en bois. Quand l’une sortait 3 mots au bord de la crampe zygomatique, l’autre riait de plus belle. Et c’était une escalade. L’autre renchérissait et celle d’en face se tordait de rire. Entre nous j’étais rassurée. Même si elles riaient sans masque et à gorge déployée, elles avaient maintenu la distance de sécurité.
Le ping pong de la marrade a bien duré 10 minutes et j’ai ri avec elle.

Parfois, on n’est pas obligés de sortir bien loin pour en profiter.

Journal de confinement

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