J32 : Locaux disponibles.

Aujourd’hui j’ai pillé un bureau.
J’ai traversé la moitié de la ville pour aider à la préparation d’un probable déménagement d’une boîte.
En arrivant dans les bureaux, j’avoue que c’était un peu glauque. Les gens avaient laissé tout en plan comme s’ils étaient partis en week end. On aurait dit un bureau fantôme.
Il y avait une veste en laine qui traînait et qui ne servira plus au retour en juillet en pleine canicule.
Mon regard inquiet a survolé les bureaux et s’est arrêté sur un crayon machouillé, sur une tasse pleine de salive. Tant de bactéries en liberté sur du plastique m’ont affolé.
Tout était vide, silencieux.
Et il y avait un paquet de matos.
C’est sans doute la première fois dans l’histoire des centres villes qu’il y a autant de mètre carré de bureaux inoccupés.
Ce serait le terrain de jeu parfait pour une bande de gangsters bien organisés. Ils n’auraient plus qu’à louer des camionnettes, endormir les quelques concierges – la plupart concierges amateurs car souvent appelés en remplacement – et remplir leurs fourgonnettes avec des bureaux en intégralité.
L’heure des grands pillages des espaces professionnels. Les space n’auraient jamais été aussi ‘ »open ».
En refermant derrière moi la porte de ces bureaux désertés, je me suis dit deux choses.
Comme tous bureaux, ils dégueulent d’objets de seconde zone, « de secours » visiblement inutiles. Leurs propriétaires peuvent apparemment très bien vivre sans et le font depuis un mois.
Si 50% des gens restaient en télétravail après la quarantaine, cela libérerait des tonnes de mètre carré pour en faire des logements dans des capitales hors de prix.
Dans cette boue d’objets professionnels abandonnées, j’ai chapardé une bougie.
Je me suis dit que je l’allumerai en priant pour faire de nos futurs lieux de travail de vrais endroits habités.
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