J3 : C’est plus drôle.

T’arrêtes maintenant, c’est plus drôle.
C’est ce que les gens commencent à penser. Le gouvernement devient insistant, il hausse le ton et claque des mesures, l’armée descend dans la rue, on ferme les frontières, on rallonge la période de quarantaine. La tension monte d’un cran. On s’envoie moins de blagues et on échange plus d’informations.
Cela ne se sent pas trop dans la rue, car il n’y a personne. Il n’y a plus de bus et cet après-midi, ils ont arrêtés les vélos municipaux. J’ai dû sortir pour récupérer des choses au bureau et j’ai donc traversé la ville à pied. En 2 jours, on a été convaincus que mieux valait porter des masque et des gants. Les quelques personnes que j’ai croisé ont eu ce réflexe en commun : s’éloigner, baisser le regard pour me le décocher ensuite avec un air de reproche. Pour ma défense, j’étais dans la rue autant qu’elles.
Aujourd’hui j’ai traversé une ville déserte où quelques silhouettes masquées s’activent à pas pressés.
Cela ressemble à une mauvaise fiction. J’ai toujours l’habitude de lire la première et la dernière page d’un livre avant de le lire en entier. Dans ce roman-ci, je n’ai pas encore trouvé la fin.
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