J27 : Fast & Furious.

Il y en a qui ont gagné en confort de travail durant cette période de confinement : ce sont les chauffeurs-livreurs.
Certes, il y a les risques de livrer mais sans doute pour la première fois de leurs carrières, la rue est à eux.
Finis le temps ingrat des klaxons, des injures, des « j’ai pas que ça à foutre c***** », des queues de poisson, la peur d’attraper un cycliste ou de râper un scooter.
Aujourd’hui ils sont les rois du bitume urbain, il n’y a qu’eux qui circulent.
Je les soupçonne d’y prendre plaisir.
J’en ai vu qui avancent en première numéro de rue par numéro jusqu’à ce qu’il trouve la bonne adresse.
D’autres qui ont fait une marche arrière de 10 mètres en plein centre ville. Deux collègues ont même osé une course Fast & Furious en mode Renault Trafic sur 50 mètres.
Et ce matin, j’ai vu un chauffeur qui fignolait un créneau. Combien de fois dans sa vie il a pu prendre le temps de se garer bien comme il faut ?
D’habitude, pim-pam, il s’arrête au frein à main, warning, il s’éjecte de son siège avec une main levée en guise de pré-excuse et il enfourne vite fait sa palette dans la boutique.
En avril 2020, c’est un autre rythme. Il prend le temps d’analyser les options de stationnement qui s’offrent à lui. Il opte toujours bien sûr pour la place devant le magasin. Il fait un joli créneau puis il ouvre grraaannd la portière, il descend tranquille. Après avoir mis ses gants et son masque, il sort la palette et les cartons en prenant soin de ne pas trop forcer sur son dos.
Et surtout, en avril 2020, ils reçoivent pour la première fois de vrais
MERCI !
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