13.3.2020.

Depuis le 31 décembre 2019, le monde fait face au Coronavirus. Après la Chine et l’Italie, il s’est rapproché de la maison. Le voilà qui arrive : il est petit, il ne paye pas de mine et pourtant il est en train d’étouffer le monde.

Je travaille dans le voyage depuis plus de 10 ans, cela me passionne.
C’est une fenêtre grande ouverte sur le monde. Mais quand cela ne va pas, c’est aussi la première à se refermer, et malheureusement souvent violemment.
Le mois a été difficile mais cette semaine a été la plus intense de toutes.
Le secteur va mal et en tant que manager d’une unité, j’ai du appliquer des décisions difficiles et lourdes de conséquence. J’ai passé les dernières heures avec une petite équipe formée en urgence à superviser toutes les configurations de programme de travail à distance.
Toute l’équipe va travailler à partir de lundi depuis chez elle. Nous nous sommes dits au revoir sur une mélodie d’adieux. Ce vendredi 13 n’a jamais aussi bien porté son nom.

Vers 21h30, je suis repartie avec mon poste de travail sous les bras, l’esprit embué et le corps vermoulu.
J’ai regardé les familles rentraient chez elles, des sacs de course dans les mains. Je me suis demandée si elles étaient prêtes à rester 15 jours non-stop ensemble à la maison. C’est sans doute une grande première pour beaucoup.
Vont-elles se supporter ? Cela me rappelle certaines émissions de télé-réalité, où on enferme les gens entre eux et on observe les comportements . Encore une fois, la réalité rattrape la fiction.

J’ai ouvert la porte de chez moi et j’ai poussé un grand soupir.
En partant ce matin, je n’aurais pas pensé devoir organisé tout le confinement de l’équipe et l’assigner à résidence pour les 14 prochaines journées.
Cela a été si soudain, si imperceptible.

En fermant les yeux ce soir, je me suis dit que je préfère les ennemis visibles qu’invisibles. La nature a fait naître un virus où la jeune génération devient dangereuse pour la plus âgée. Après tout ce qu’elle a subi, la nature se venge t-elle de siècles de maltraitance ?

Journal de confinement

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