J33 : Toi, le voisin.

J’en peux plus.
Au début, je me sentais entourée.
Au bout de 32 jours, je me sens encerclée.
Je ne sais pas pour vous, mais le point le plus problématique, c’est le bruit.
Toi la voisine, j’en peux plus de la Suite n°1 en boucle.
Toi au d’ssus, tu t’entraînes pour le championnat du monde de corde à sauter ou quoi ?
Vous à côté, on n’y va plus par 4 chemins. Foutez-vous sur la gueule une bonne fois pour toute et on n’en parle plus.
Toi, au fond, arrête de péter des trucs pour avoir des choses à bricoler ou c’est moi qui vais venir tout casser.
Et surtout toi, toi voisin maudit. Je connais tous tes goûts musicaux alors que je ne connais même pas ta tête. Mais sache que si tu continues de transformer ton appart’ en Pacha Club du quartier, je te garantis un chaloupé d’enfer une fois les 2 jambes fracturées.
Hier soir, quand cette pensée m’a envahi l’esprit sur un énième air de reggaeton, je me suis reprise. Avouons-le, c’est quand même moche d’en arriver là après 3 jours de méditation.
Alors j’ai essayé de l’envisager autrement.
Je me suis dit que peut-être moi aussi, sans le vouloir, j’étais un nuisible sonore pour les autres.
Ce matin, gonflée de bons sentiments et auréolée d’un renouveau d’altruisme et de compassion, j’ai envoyé un texto à mon voisin du dessous pour lui dire qu’il se sente à l’aise de me dire si je faisais trop de bruits.
Il m’a répondu :
« ça va, du moment que c’est pas en pleine nuit ».
En conclusion, le voisinage, c’est comme la connerie.
On est tous le voisin de quelqu’un.
*cet article fait suite à un article beaucoup plus joyeux au début du confinement ici
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