J18 : Saison confinement 2020

Ce matin j’ai décidé d’arrêter de m’habiller.
Depuis le début de la quarantaine, je faisais des efforts pour quitter le pyjama et m’habiller. Un joli pull et un jean. Y’a même des jours, j’avais sorti la jupe.
Et j’ai peu à peu glissé sur la pente savonneuse du négligé.
Bon on est à l’intérieur, je reste en chausson.
Au détour de la matinée et d’un courant d’air, bim! j’enfile mon vieux pull moche mais confortable. Qu’est-ce qu’on est mieux dis-donc ?!
Après déjeuner : oumpf! La ceinture un peu serrée, et hop! je passe au jogging.
Au cours de la journée, si j’ai la malchance – ou la chance – de me tâcher, je m’en sers d’excuse pour me changer et l’option mode cocooning l’emporte toujours.
Résultat : tous les jours, je suis en mode jogging pyjama bien avant l’heure du coucher.
Ce qu’il y a de réconfortant, c’est que je ne suis pas la seule. Au supermarché, selon les personnes que je croise, je me sens soit en discothèque à côté des filles qui ont sorti la tenue du samedi soir, soit chez mémé Rosette, charentaise et grand collant couvrant.
Voilà aujourd’hui, la lutte est finie.
J’ai rendu les armes et j’ai mis au placard vestes, bottes, écharpes et toute ma collection hiver 2020.
Cela voudrait-il dire que je m’habille seulement pour le regard des autres ? Je touche du doigt le diktat, celui qui me paraissait loin et abstrait. Le diktat de la mode, le diktat de l’image.
Je ne l’avais pas vu s’insinuer en moi, ce défaut-là.
Et il prend toute une armoire en plus ! Je me rends compte de l’inutile du shopping et des fringues.
En gros, là maintenant depuis 2 semaines, en mode survie, je peux largement m’autosuffire avec 5 T-Shirts, 3 pantalons et 2 pulls. Toute mon armoire n’est qu’une montagne consumériste de chiffons stylisés.
Je me suis faite mangée par la mode toute crue.
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