La première fois que j’ai plongé en apnée

J’ai passé mon premier baptême de plongée en Indonésie, à Tulamben et puis j’ai plongé dans l’Archipel des Komodo.
L’Indonésie est sans doute le meilleur endroit au monde pour le faire : des eaux transparentes, des sites accessibles à tous niveaux et une grande diversité de faune et de flore sous-marine. Mais je l’avoue, à chaque occasion, à la vue du prix et du poids du matériel, je me dégonflais et j’optais plus facilement pour le masque tuba.
Quand je suis passée devant Apneista à Amed, le premier club de plongée en apnée à Bali, je me suis dit que je pouvais trouver là un entre-deux entre la plongée en bouteille et le snorkelling. Expérience approuvée à 200% !
Apnée : se défaire des idées reçues
Le premier jour, Lynn, mon instructrice, m’accueille avec un grand sourire et un calme naturel. On commence la journée en remplissant pas mal de formulaires de santé, de décharge, d’assurance… C’est aussi dangereux que cela l’apnée ? Très vite, Lynn nous rassure. Nous passons toute la matinée à terre, à se déprogrammer de nos fausses idées sur l’apnée.
Première idée reçue : Lynn nous demande de prendre notre taux d’oxygène avec un oxymètre: 99%, c’est le taux d’oxygène présent dans notre corps à l’état normal ! Puis elle nous demande de retenir notre souffle pendant 30 secondes. Nouveau calcul : le niveau d’oxygène n’a pas bougé … Conclusion : prendre une profonde respiration avant d’arrêter de plonger n’a aucune influence sur notre niveau d’oxygène, c’est simplement psychologique.
Deuxième idée reçue : Lynn nous demande à nouveau de retenir notre respiration. Quand nous recommençons à respirer, elle nous demande qu’avons-nous fait en premier : inspirer ou expirer ? Souffler bien sûr ! Contrairement à ce que tout le monde pense, ce n’est pas un besoin d’oxygène qui nous fait ressentir le besoin de respirer, mais bien celui d’expirer le trop-plein de CO2.
Nager et « être aussi fluide que l’eau »
Après avoir gommé les préjugés sur nos capacités respiratoires, c’est l’heure de mettre en pratique la théorie. A l’eau !
Lynn nous fournit tout le matériel. Pratiquement le même que celui de la plongée en bouteille : masque, tuba, et surtout cette satanée combinaison toujours aussi difficile à enfiler ! Les palmes quant à elles, sont de très grande taille pour nous donner une meilleure capacité de propulsion.
Nous nous mettons à l’eau depuis la plage de Jemeluk, où s’entassent les bateaux à balanciers si typiques d’Amed. Aux environs de 70 mètres des côtes, Lynn installe le « buoy », une bouée avec un drapeau, puis plonge pour installer la ligne … Sous l’eau, Lynn devient une plongeuse-danseuse. Elle s’enfonce dans les profondeurs en bougeant littéralement comme un poisson : des mouvements doux, fluides et une grande aisance qui nous prouvent de suite quel degré de sérénité nous pouvons atteindre sous l’eau.
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Voyages responsables à Bali et en Indonésie.
Evoluer au rythme des plongées.
Une fois la corde installée, nous démarrons les exercices autour de la bouée et de la ligne d’eau. Ce sera notre terrain de jeux pour les 3 sessions de plongée. L’exercice le plus curieux que nous faisons est de rester sous l’eau et de sourire pendant 5 secondes. « Notre corps a la capacité physiologique de s’adapter sous l’eau, ce qu’il est difficile, c’est de déconnecter notre esprit, se sentir à l’aise sans respirer. Plongée en apnée, c’est sourire consciemment : pour relâcher le corps, l’esprit et devenir aussi fluide que l’eau. »
L’évolution en seulement 2 jours est assez surprenante, les gestes précipités et brusques se sont transformés en des mouvements plus ondulants et harmonieux.
Tout le monde trouvera en l’apnée une expérience utile à prendre. Elle permet à ceux qui ne sont pas ou peu à l’aise de prendre davantage confiance sous l’eau. Nous apprenons également quelques techniques de respiration, qui nous serviront pour une prochaine sortie en plongée en masque. Et pour les plus sportifs ou les amateurs de compétition, de plonger toujours plus longtemps ou profond.
Mais l’une des plus belles sensations de cette session d’apnée à Amed a été de prendre part au magnifique ballet de plongeurs-danseurs. Et nous sentons bien que nous sommes aux portes de sensations bien plus grandes, celles de s’enfoncer doucement et sereinement dans le Grand Bleu …