La première fois que j’ai suivi une séance de coaching – 1
Demain sera ma première séance de coaching.

Le coaching a pour moi un goût de wasabi. Un aspect un peu louche, qui dénote franchement avec ce qu’il accompagne, d’apparence bon et sain, et une texture traître, qui laisse à penser qu’on peut le tartiner sur tout et n’importe quoi. Comme tout se qui pique, j’aime bien y goûter.
J. entame la fin de sa formation de coaching à Barcelone. C’est une amie à moi, inscrite dans le même cursus, qui m’avait fait la demande.
« – Sandra, on a besoin de coachee pour nos travaux pratiques. Ca t’intéresse de participer ? »
Je me vautre allègrement dans tout ce qui est nouveau, et encore plus impatiemment quand je m’en méfie. Alors forcément j’ai accepté.
J. me coache
Me voilà donc coachee pour 4 sessions de coaching, dont la dernière sera filmée par le professeur de coaching et servira d’examen final à mon apprenti-coach désigné, J.. – « Tu auras droit en plus à son feedback, il a plus de 2458 séances ! s’exclame J. par téléphone et elle laisse entrevoir dans ses mots une admiration douteuse et les espoirs ambitieux de son prochain futur métier.
Car il y a un peu de cela dans le coaching, payer les conseils de quelqu’un pour se rendre capable. Pourquoi ne pas payer un bon restau à ma meilleure amie à la place en la désignant « coach » ? Certes, on se fait souvent des séances verre de vin à la main où l’on fusille tous les gueux qui attaquent à la hâche notre bonne volonté quotidienne. Ma meilleure amie me donne les conseils dont j’ai besoin pour toujours évoluer, et ceci dans des sentiments bienveillants et intimes.
Dans le coaching, les relations sont pactées. Il y a une histoire de conseils monnayés d’une personne à une autre qui me met mal à l’aise. Entre professeur et élève, il y a des connaissances. Entre entraîneur et sportif, il y a des techniques. Entre un psychologue et un patient, il y a une thérapie. Qu’existe t-il entre un coach et ses « clients »?
Le coaching est une «une alliance entre le coach et ses clients dans un processus qui suscite chez eux réflexion et créativité afin de maximiser leur potentiel personnel et professionnel.
Le coaching est sans doute la psychologie de nos sociétés modernes. Tout y est : l’anglicisme marketing, l’appétence pour un « maximum », l’illusion d’un « meilleur », l’argent. La relation ne sera finalement qu’un outil pratique marketé.
L’objectif commun du coaching : la réflexion sur soi.
J.m’a dit que je devais définir un thème. En 1mn, j’ai déjà gribouillé 10 sujets sur lesquels je dois m’améliorer. Cela commence fort : je n’ai pas démarré et je suis déprimée ! Je mets le doigt là où ça fait mal : la difficulté d’avoir un avis objectif sur ses problèmes.
S’il y a désormais des entraîneurs personnels sportifs, pourquoi il ne pourrait pas y avoir des entraîneurs personnels mentaux ? Si la technique a permis de convaincre plus de 50 000 coachs certifiés dans le monde, c’est qu’elle doit être éprouvée.
A voir si demain, le coaching aura définitivement un goût de wasabi : si on peut s’en passer ou si cela relève bien le goût de la vie.
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